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5 août 2017

La chute de la qualité du sperme alarme l’Occident : La quantité moyenne de spermatozoïdes chez les jeunes hommes suisses est basse

La procréation médicalement assistée permet de sélectionner
en laboratoire un spermatozoïde et de l'introduire dans un
ovocyte.  
Image:  Odile Meylan
(Notre commentaire:  Aucune mention du rayonnement électromagnéque... Le rayonnement des objets sans fil contribue à cette catastrophe. Garder un smartphone allumé dans la poche irradie les parties sensibles du corps. Idem, un portable posé sur les genoux, connecté au wi-fi. La France vient de découvrir que le rayonnement de nombreux smartphones, comme Apple et Samsung, utilisés ou gardés contre le corps, dépasse les normes légales dans l'UE et la Suisse.?

La chute de la qualité du sperme alarme l’Occident
par Caroline Zuercher, 24 heures, 
4 août 2017 

Fertilité : Une nouvelle étude montre que le nombre moyen de spermatozoïdes des hommes a chuté de moitié en 40 ans. En Suisse aussi, des chercheurs étudient la question.

La qualité du sperme ne cesse de baisser. Selon une étude publiée dans la revue Human Reproduction Update, le nombre moyen de spermatozoïdes, chez les hommes vivant dans les pays occidentaux, a chuté de moitié en quarante ans. Entre 1973 et 2011, leur concentration est passée d’une moyenne de 99 millions par millilitre de sperme à 47 millions. Cette conclusion est tirée d’une méta-analyse de 185 études portant sur 43 000 hommes en Amérique du Nord, en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Le Dr Hagai Levine, qui a dirigé ces travaux depuis Jérusalem, avertit: cette question est importante pour la fertilité masculine et pour la santé. Il lance donc un appel aux chercheurs et aux autorités sanitaires du monde entier.

«Pas de panique, l’être humain n’est pas en voie d’extinction», relativise dans la presse Stefan Schlatt, chef de la médecine de reproduction à l’Université de Münter. Aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), Julie Benard précise que la concentration de spermatozoïdes actuelle reste «dans les normes», la limite inférieure fixée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) étant de 15 millions de spermatozoïdes par millilitre. «Ces hommes ne sont pas infertiles et certains ont déjà conçu des enfants», poursuit la médecin-cheffe de clinique à l’Unité de médecine de la reproduction.

Consultant au Centre de procréation médicalement assistée (CPMA) à Lausanne, le Dr Alfred Senn a initié en Suisse une enquête sur le sujet, menée auprès des conscrits (lire ci contre). Son opinion? «Cette étude transmet l’idée que le nombre de spermatozoïdes baisse d’année en année et que d’ici peu, tous les hommes de la planète n’auront plus de spermatozoïdes. Ce scénario apocalyptique est mis en doute par le nombre de paramètres biologiques capables d’affecter la qualité du sperme, mais il ne peut pas être totalement écarté.»

Niveau bas en Suisse

Dans cette évolution générale, des différences sont constatées d’un pays à l’autre, précise Serge Nef, professeur associé au Département de médecine génétique et développement à l’Université de Genève et membre du Centre suisse de toxicologie humaine appliquée (SCAHT). Qu’en est-il en Suisse? Le Genevois dirige actuellement l’étude helvétique, dont les résultats sont attendus l’an prochain. On peut déjà le dire: la quantité moyenne de spermatozoïdes chez les jeunes hommes suisses est basse. «Il faut s’en inquiéter», estime Rita Rahban, qui participe au projet.

La moyenne obtenue par l’équipe d’Hagai Levine ne dit toutefois pas tout. Selon Fabien Murisier, embryologiste au CPMA à Lausanne, on peut préjuger que «le pourcentage d’hommes se situant en dessous de la limite de 15 millions de spermatozoïdes est lui aussi en hausse». Et de poursuivre: «J’appartiens à ceux qui étaient sceptiques face à ces alertes et les jugeaient un peu exagérées. Mais cette dernière étude, qui est très vaste, est un signal d’alarme.»

Des solutions techniques

Il faut dire que les difficultés s’accumulent sur le front de la procréation. Dans un couple, la santé reproductive des deux partenaires joue un rôle. Néanmoins, la fertilité altérée de l’un peut dans une certaine mesure être compensée par l’autre. Or, les femmes font des enfants toujours plus tard, ce qui pose là aussi des problèmes. «Ce mélange est un peu explosif, conclut Fabien Murisier. En combinant tous ces paramètres, les chances de grossesse baissent. Pour le couple, le risque est que l’attente soit toujours plus longue avant de réussir à avoir un enfant ou qu’il n’y parvienne pas.»

La procréation médicalement assistée apporte certaines solutions. Ainsi, on peut sélectionner en laboratoire un spermatozoïde à la morphologie normale et mobile puis l’introduire dans un ovocyte. Estimant que l’infertilité masculine peut être contournée techniquement, la Grande-Bretagne ne finance d’ailleurs presque plus d’études sur la fonction testiculaire et la production des spermatozoïdes. Un mauvais calcul, selon Rita Rahban: «Quelque chose est en train de se passer. Cette évolution est trop rapide pour être liée à des défauts génétiques. Elle est probablement liée au mode de vie ou à l’exposition à des produits toxiques.»

Aux chercheurs, désormais, de comprendre les causes et les mécanismes de ces problèmes reproducteurs. Le surpoids, le stress, la consommation de tabac, certains médicaments ou l’exposition professionnelle sont montrés du doigt. Et les perturbateurs endocriniens? «Nous avons un faisceau d’hypothèses montrant leur influence, répond Fabien Murisier. Mais le vrai lien de cause à effet n’est pas établi.»

Des études compliquées

Obtenir des preuves formelles ne sera pas une mince affaire. Les êtres humains sont exposés toute leur vie à une myriade de molécules de synthèse présentes dans notre environnement. «Des études suggèrent que l’exposition à ces perturbateurs lors de la grossesse altérerait le développement testiculaire et plus tard la production de spermatozoïdes», explique Serge Nef. Comme cela peut avoir lieu plusieurs décennies avant que les problèmes d’infertilité n’apparaissent, il est très difficile de déterminer les coupables.

Souvent, les effets de certaines substances sont d’abord mis en évidence chez l’animal. «Les tests sur l’homme sont éthiquement peu acceptables, de sorte que les preuves ne sont pas faciles à obtenir», commente Alfred Senn. Autre complication: pour effectuer une comparaison avec un groupe de contrôle, il faudrait disposer de personnes qui ont échappé à ces produits… Pour couronner le tout, les chercheurs soupçonnent que c’est le cocktail de plusieurs substances chimiques qui pose problème. Or, les combinaisons possibles sont encore plus nombreuses. (24 heures)

Une vaste étude auprès des conscrits suisses

Dans le monde, la qualité du sperme fait l’objet d’études depuis le milieu du XXe siècle. Des échantillons datant de 1938 ont même été analysés! Le phénomène est connu: il touche non seulement l’homme, mais aussi de nombreuses espèces animales.

En Suisse, une vaste enquête cible depuis 2005 les jeunes participant au recrutement militaire. A l’origine, elle a été lancée dans le cadre d’un programme de recherche sur les perturbateurs endocriniens (PNR50). Outre un examen clinique et une analyse de sperme, il est proposé aux conscrits de répondre à un questionnaire sur leurs habitudes de vie. Leurs mamans sont aussi invitées à fournir des informations relatives à la grossesse, à l’allaitement et aux problèmes de santé de l’enfant. L’investigation portera sur 3000 hommes de 18 à 22 ans, représentatifs de tous les cantons suisses. Elle devrait durer encore un an.

Cette étude ne permettra pas de savoir comment la situation évolue, mais elle fournira une radiographie de la santé reproductive masculine en Suisse. Le même type de protocole étant utilisé dans d’autres pays européens, il sera possible d’effectuer des comparaisons. Le but est de mener par la suite des enquêtes épidémiologiques afin de révéler les paramètres qui affectent la fertilité. Et de savoir «quelles substances devraient être bannies ou mieux régulées», explique Eric Stettler, responsable logistique et clinique de l’étude suisse, qu’il a initiée avec le Dr Senn.

L’infertilité, c’est quoi?

Définition L’infertilité ne doit pas être confondue avec la stérilité. Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé, il s’agit de la situation de couples qui ont besoin de plus d’un an pour concevoir un enfant.

Fréquence Environ un couple sur six répond à ce critère.

Répartition On estime que, dans un tiers des cas, le problème vient de la femme. Un autre tiers concerne les hommes et le dernier relève d’un mélange des deux ou de cas où les raisons sont inconnues.

http://www.24heures.ch/suisse/chute-qualite-sperme-alarme-occident/story/11866671

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